Economie,
environnement, emploi... la grande entourloupe des éoliennes
Beaucoup leur
reprochent de saccager le paysage ou de tuer les oiseaux et le gros défaut
des géantes blanches est aussi : elles n’ont aucune utilité environnementale
ou économique. En voici la démonstration.
Cette information est issue d'un article du magazine Capital
A quoi servent les éoliennes? La
première réponse qui vient à l’esprit est: à décarboner notre production
d’électricité, bien sûr! Et, par voie de conséquence, à lutter contre le
changement climatique. Cet argument est martelé avec tant de constance par les
amoureux du zéphyr qu’il a fini par devenir vérité d’évangile. Vincent
Delporte, chargé du renouvelable terrestre à la Direction générale de l’énergie
et du climat: «Les éoliennes sont le seul moyen d’atteindre la neutralité
carbone en 2050.» Barbara Pompili, ministre de l’Environnement: «Elles sont
vitales, on en a besoin pour baisser nos émissions de gaz à effet de serre.»
...
Le problème, c’est que tout cela est
faux, pour la bonne raison que notre électricité est déjà presque entièrement
décarbonée. Seulement 7,5% de notre courant provient de centrales cracheuses de
CO2, tout le reste est produit sans le moindre rejet, essentiellement par des
réacteurs nucléaires et des barrages. C’est parce qu’ils ont besoin de
souplesse que les dirigeants d’EDF maintiennent en activité une poignée
d’unités au pétrole, au gaz et au charbon: elles leur permettent d’adapter la
production aux variations de la demande plus facilement que les grandes
centrales atomiques. L’arrivée des éoliennes a-t-elle changé quelque chose à
cela? Pas du tout. Alors que leur part dans la production d’électricité a
presque triplé entre 2014 et 2020, celle du courant carboné n’a pas baissé,
même d’une décimale.
L’équation de la France est donc bien
différente de celle de ses voisins. En Allemagne, en Espagne ou en Italie, où
il y a peu ou pas de centrales nucléaires, le courant tiré des éoliennes prend
la place de kilowattheures produits avec du gaz ou du charbon. Chaque tour
d’hélice y fait donc bien baisser les émissions nocives, et les écolos peuvent
à bon droit exiger qu’on y connecte toujours plus de moulinets pour sauver la
planète. Chez nous, c’est à l’atome que le vent s’est jusqu’à présent
substitué. Et qu’il continuera de le faire si, pour répondre à l’explosion de
la demande d’électricité (+33% prévus en 2050), on choisit d’installer des
aérogénérateurs plutôt que des réacteurs nucléaires.
On peut retourner les choses dans tous
les sens, remplacer du zéro carbone par du zéro carbone ne fait pas avancer
d’un poil la cause du climat. Jean-François Carenco, le président de la
Commission de régulation de l’énergie (CRE), pourtant grand défenseur des
énergies renouvelables, l’a d’ailleurs avoué avec franchise en 2018 lors d’une
audition à l’Assemblée nationale: «Les éoliennes ne servent pas à diminuer les
émissions de CO2, il faut le rappeler car on dit beaucoup de mensonges à ce
sujet. Cela n’a aucun sens et procède d’une forme de populisme idéologique.»
Ce grand connaisseur du dossier aurait
pu ajouter que, loin de la réduire, les machines à pales contribuent parfois à…
accroître la quantité de CO2 émise par notre pays. Pour le comprendre, il
suffit de faire un petit tour à Landivisiau, dans le nord du Finistère. Là-bas,
les techniciens d’EDF mettent la dernière main à la construction d’une centrale
au gaz, qui rejettera du carbone à pleines cheminées. Pourquoi? A cause des
éoliennes, pardi! Traditionnellement déficitaire en énergie, la Bretagne se
couvre en effet peu à peu d’une forêt d’hélices. Dans la baie de Saint-Brieuc,
en particulier, un parc offshore cyclopéen est en train d’être aménagé – au
grand dam des associations de protection de la nature, mais ça, c’est une autre
histoire. Quand il y aura de la brise, ses 62 mâts de 200 mètres de
haut produiront du courant et Barbara Pompili sera contente. Mais lorsqu’il n’y
en aura pas ou pas assez, avec quelle électricité le TGV prendra-t-il le départ
à la gare de Guingamp? Vous avez compris: avec celle de Landivisiau.
Pour éviter la coupure, la nouvelle
centrale sera priée de prendre le relais en allumant ses fourneaux – c’est pour
cela qu’on l’a construite – et elle devra les éteindre dès que le vent
reviendra. Cette roue de secours gonflée au méthane ne sera pas seulement
désastreuse pour le climat: elle coûtera aussi une fortune aux usagers et aux
contribuables, car le fonctionnement discontinu de ce genre de plateforme
engendre des frais considérables. Voilà pourquoi les pouvoirs publics ont déjà
prévu de la subventionner à hauteur de 800 millions d’euros.
C’est cela, leur gros défaut : elles
ne se suffisent pas à elles-mêmes. En moyenne, elles fonctionnent à 24% de
leurs capacités sur terre et à 40% lorsqu’elles sont plantées en mer. Les
responsables de RTE, l’entreprise qui gère le réseau d’électricité, assurent
qu’on peut pallier cet inconvénient en développant des systèmes de stockage, en
jouant sur les importations et en adaptant la consommation des usagers. Mais
ils savent très bien qu’aucun de ces trois leviers n’est satisfaisant. Même en
dépensant des fortunes en batteries, en installant des réservoirs d’eau en
altitude partout où c’est possible et en boostant la production d’hydrogène
(qui n’est rien d’autre que de l’électricité transformée en gaz), on ne pourra
jamais stocker qu’une petite partie de ce qui serait nécessaire pour garantir
une fourniture permanente de courant éolien. Importer des kilowattheures de
chez nos voisins les jours de calme plat ne sera pas plus efficace, car le
régime de vents est presque partout le même en Europe occidentale.
Bien sûr, il est possible que les chercheurs finissent un
jour par mettre au point un système de stockage à grande échelle économiquement
viable. Mais au vu de l’état de la recherche, ce n’est pas demain la veille. En
attendant, tous les connaisseurs du dossier le savent, la seule vraie solution
pour compenser les absences de nos inconstantes consiste à maintenir à grands
frais un appareil de production parallèle. Ce qui nous amène à la deuxième
question: si elles ne servent pas à réduire les émissions de gaz à effet de
serre, les éoliennes nous protègent-elles au moins du risque nucléaire? Après
tout, comme s’en agace la Cour des comptes, c’est cela la vraie raison pour
laquelle, sous la pression des Verts, les pouvoirs publics font aujourd’hui
tout pour les développer. Eh bien, là encore, la réponse est non. Car, en
supposant qu’on plante partout des machines à pales, l’appareil de production
de secours que nous conserverons pour les jours de calme ne sera évidemment pas
constitué en priorité de modèles Landivisiau – ce serait de la provocation
climatique. Pour l’essentiel, il sera composé de centrales nucléaires.
Officiellement, il est prévu de fermer 14 de nos
56 tranches dans les quinze prochaines années, pour répondre à l’objectif
de réduction à 50% de la part de l’atome dans notre production d’électricité.
Mais comme tout le monde a compris qu’on ne pourra pas faire sans elles, il est
aussi prévu d’en mettre en service de nouvelles, sans doute au moins huit
réacteurs EPR – une fois essuyés les plâtres de celui de Flamanville (Manche),
leur construction devrait pouvoir être standardisée – assortis d’une noria d’unités
plus petites, baptisées SMR (small modular reactors). En d’autres termes, même
si l’Hexagone se couvre de milliers de brasseuses de vent, il restera hautement
nucléarisé. Et comme les centrales atomiques, qui tourneront de façon plus
discontinue, généreront moins de profits pour assurer leur entretien, elles
risqueront d’être à la merci d’un incident. Exactement le contraire de l’effet
recherché.
A
quoi servent les éoliennes? Peut-être la réponse se cache-t-elle dans le prix
du courant? Après tout, si ces grandes blanches nous permettent de faire
baisser nos factures, cela pourra à la rigueur justifier qu’on transforme nos
collines en oursins tournicotants. A première vue, elles ont quelques bons arguments
à faire valoir sur cet aspect du dossier. Selon la CRE, l’électricité produite
dans nos réacteurs nucléaires actuels, déjà amortis, revient à 48 euros le
mégawattheure (frais de démantèlement et gestion des déchets inclus), ce qui
est imbattable.
Mais,
à partir de 2030, on sait déjà que la note grimpera avec la mise en service
progressive des futurs réacteurs EPR, probablement jusqu’à atteindre 70 ou
75 euros tout compris. Le courant produit avec du vent, lui, coûte
aujourd’hui en moyenne 89 euros. Mais, à l’inverse, ce chiffre va
rapidement baisser du fait de l’installation de machines toujours plus
performantes. «Le mouvement est irrésistible, nos tarifs seront bientôt
inférieurs à ceux du nucléaire», s’enthousiasme Michel Gioria, délégué général
de France énergie éolienne (FEE), qui regroupe 300 entreprises du secteur.
Pour autant qu’il se produise, ce croisement des coûts ne sera cependant qu’une
illusion.
D’abord
parce qu’il ne suffit pas de planter des attrape-vent pour éclairer les
maisons: il faut aussi adapter le réseau à ces milliers de productrices
intermittentes, et cela coûte une vraie fortune (RTE règle chaque année
280 millions d’euros pour les seuls investissements d’interconnexion avec
l’étranger). Or ces sommes ne sont pas prises en compte dans les coûts
affichés. Dans la pratique, elles sont discrètement financées via la taxe TICPE
réglée par les automobilistes à la pompe, et par le biais du Turpe (tarif
d’utilisation du réseau public d’électricité) à la charge des usagers.
Mais
le principal est ailleurs: si l’on veut établir une vraie comparaison, on doit
ajouter au coût des éoliennes proprement dites celui de l’appareil de
production parallèle et des équipements de stockage qu’elles exigent de
maintenir en activité, ce que personne ne fait jamais. Et c’est en dizaines de
milliards que se monte cette facture jumelle.
Comme
si tout cela ne suffisait pas, les contribuables vont devoir régler la note de
la montagne de subventions accordées par l’Etat à la filière supposément
miraculeuse. Le croira-t-on? Le seul parc de Saint-Brieuc, dont le gouvernement
s’est engagé à racheter la production à 155 euros le mégawattheure – trois
fois le prix du marché! –, va creuser notre déficit budgétaire de
2,7 milliards d’euros! Au total, selon le rapport de la commission
d’enquête parlementaire sur la transition énergétique, c’est entre 72,7 et
90 milliards d’aides publiques qui auront été mis sur la table à l’horizon
2028 pour soutenir les moulins à vent. Et l’arrosage se poursuivra après cette
date, puisque les contrats de rachat à prix garanti ont été – et continuent
d’être – conclus pour quinze ou vingt ans. Un puits sans fond. Avant les folies
du vent, les Français bénéficiaient de l’électricité la moins chère d’Europe,
17 centimes le kilowattheure contre 30 en Allemagne. Après elles, ce ne
sera plus qu’un souvenir…
A
quoi servent les éoliennes? La question commence à devenir lancinante. On
imagine à tout le moins que ces jolies mécaniques permettront à la France de
«développer une filière industrielle nationale créatrice d’emplois», comme le
promettait dès 2008 le Grenelle de l’environnement. Hélas… Après avoir manqué
le coche des équipements terrestres, aujourd’hui importés à 100%, notre pays
espérait se refaire une santé avec les machines offshore. Manque de chance,
quelques mois après que le gouvernement décide de financer ce secteur à pleines
mains, les deux champions tricolores qu’il voulait mettre en orbite, Alstom et
Adwen (ex-Areva), ont été respectivement rachetés par l’américain General
Electric et le germano-espagnol Siemens Gamesa. Peu charitable, ce dernier
s’est d’ailleurs empressé de mettre au rancart la technologie frenchie au
profit de la sienne, 100% teutonne.
Certes,
ces deux groupes sont en train d’installer des usines dans l’ouest de la
France. Et quelques PME tricolores peuvent espérer se faire une place au
soleil, notamment dans les flotteurs des machines offshore. Mais, comme le
soupire la Cour des comptes, le bilan global de l’opération est calamiteux au
regard des sommes investies. De l’avis même de ses représentants, la filière,
qui emploie aujourd’hui 21.000 personnes, pourrait créer en tout et pour
tout 10.000 postes supplémentaires d’ici 2030, autant dire presque rien. A
titre de comparaison, le nucléaire fait vivre 220.000 personnes…
A quoi servent les éoliennes? En
définitive, en termes économiques, la réponse tient en deux mots: à rien.
Les inconvénients des
éoliennes
- Les
éoliennes n’ont pas d’effet sur le réchauffement climatique.
- Elles
ne nous protègent pas du risque nucléaire
- Elles
ne créent pratiquement pas d’emplois.
- Elles
font s’envoler les factures d’électricité.
- Ce sont
les industriels étrangers qui en profitent.
Le croirez-vous ? Avant même d’être
posées, les 62 éoliennes de 200 mètres de haut du futur parc éolien de
Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) sont déjà obsolètes. Elles ont en effet été
choisies il y a dix ans, au moment du lancement du projet, et, pour des raisons
administratives, il est impossible d’en changer ! Autre bizarrerie de ce parc :
alors que, partout en Europe, beaucoup de fermes offshore se lancent
aujourd’hui sans un sou de subvention, l’Etat va lâcher pour celle-ci la somme
mirobolante de 2,7 milliards d’euros. Du délire.
Les chiffres des
éoliennes
La France abrite moins d’éoliennes que
ses voisins…
Part de l’éolien dans la production
d’électricité en 2020 :
48% Danemark
27% Allemagne
27% Royaume-Uni
22% Espagne
14% Belgique
12% Pays-Bas
9% France
7% Italie
Source : Wind Europe
… mais, grâce au nucléaire, son
électricité est la plus décarbonée…
Emissions de gaz à effet de serre en
grammes par kilowattheure d’électricité consommé en 2019 :
44 France
134 Belgique
175 Danemark
177 Royaume-Uni
197 Espagne
264 Italie
332 Pays-Bas
397 Allemagne
917 Pologne
Source : European Environement Agency
… et la moins chère d’Europe
Prix du kilowattheure en centimes d’euro
TTC pour les particuliers, en 2019 :
17 France
21 Royaume-Uni
23 Italie
24 Espagne
28 Belgique
30 Danemark
31 Allemagne
Source : Eurostat
... mais la filière éolienne crée très peu d’emplois...
21.000 emplois dans l'éolien en 2021
30.000 prévisions 2030
220.000 emplois dans le nucléaire en
2021
… et ne fait pas baisser les rejets de
CO2
Rejets de C02 dus à la production
d’électricité, en millions de tonnes :
15,84 en 2014
17,06 en 2020
L’énergie éolienne coûte une fortune au
contribuable…
Total des subventions accordées à la
filière entre 2001 et 2028 :
72 à 90 milliards d'euros
Sources : FEE, SFEN, RTE, Assemblée
nationale
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